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25 février 2011
Message adressé au bureau du CRC lors de la réunion plénière du 15 février 2011.
Mesdames, Messieurs, je voudrais avant toute chose faire le point sur les 9 mois qui ont suivi l’élection et la mise en place de ce bureau.
L’année 2010 a été, à tous égards, une année exceptionnelle, une suite ininterrompue d’événements plus graves les uns que les autres
-Tempête Xynthia
- Fermeture du Bassin
- Continuité de la surmortalité
- Baisse des productions
- Baisse des volumes commercialisés
Avouons que cela fait quand même beaucoup à supporter pour la profession !
Ainsi 2011 aura été ce que j’avais annoncé lors de mon élection : une année complète de gestion de crise, ponctuée d’une série incessante de réunions d’urgence
J’ai assisté à
- Plus de 300 réunions, seul ou accompagné
- Une douzaine avec le CNC à Paris
- Deux déplacements au parlement européen à Bruxelles
- Un voyage au Japon pour tenter de reproduire ce que la profession avait déjà fait 1970
- Plus de 17.000 km en voiture (et janvier a bien commencé avec 3.000km) sans compter de nombreux déplacements en train, seul ou avec certains d’entre vous.
Tout cela principalement dû aux événements que je viens de citer. Et je tiens à remercier chacun d’entre vous qui a donné son énergie sans compter pour contribuer à faire avancer les choses.
Un ensemble d’actions ont été entreprises :
Le plan de relance et de réensemencement qui a connu des difficultés et n’a pas donné entière satisfaction.
L’aide aux entreprises : 500 dossiers ont été déposés et réputés recevables. Là encore, cette aide n’a pas donné entière satisfaction à tous et des ostréiculteurs n’en ont même pas déposé.
Concernant les huîtres du Japon, il s’agissait là d’une volonté forte des professionnels, déçus par un manque de réactivité de la part des scientifiques d’Ifremer
La diversification vers d’autres coquillages a été largement explorée. Mais des études de zone sont rendues nécessaires et bientôt, nul ne saura plus à quel organisme s’adresser dans le labyrinthe administratif.
Les Assises nationales de la conchyliculture, qui ont débuté en juin pour se clore en septembre, ont été une bonne initiative. Ce sont ainsi 50 préconisations qui ont abouti sur la table ministérielle de Bruno Le Maire.
- 10 sont reprises ou en cours
- 33 n’avancent pas
- 7 sont impossibles
Seules 20% des actions sont engagées ; celles qui sont en route avaient un caractère obligatoire dans le décret de 83.
Qu’elles soient grandes ou petites, nos entreprises exigent de nous une forte réactivité. Car d’elle dépend notre trésorerie.
Mais trop d’autorisations, trop de complications entravent notre dynamisme. Malgré l’action et l’engagement de nos services locaux, d’autres services, parisiens pour ne citer qu’eux, adoptent une attitude frileuse et se retranchent derrière un abus de dispositifs réglementaires en brandissant Bruxelles comme fléau législatif sans que cela ne soit toujours fondé.
Notre ministre chargé des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, en déplacement à Royan rappelait dernièrement à ce propos : ce n’est pas Bruxelles qui pose problème, mais plutôt nos propres services d’état, ainsi que certains organismes qui veulent se montrer les meilleurs de la classe.
Certes, les milliers de textes de lois accompagnés de leur cohorte de décrets sont utiles, mais l’appréciation et l’interprétation que l’on en fait, font souvent des dégâts irréversibles. Et à ce tableau, j’ajouterai les dommages causés par la guerre que se livrent entre eux les services de l’état, triste avatar de la R.G.P.P. justement soulignés par les Conseils Economiques Sociaux et Environnementaux.
Pourtant, il faut continuer d’affirmer notre place dans le territoire et de faire évoluer le C.R.C. Car je crains que, face à ce que je crois voir, à savoir, un désengagement de l’état, un ensemble de durcissements réglementaires, administratifs, sanitaires et environnementaux, le projet de création du Parc Naturel Marin, Natura 2000, les réserves d’oiseaux contrôlées par la L.P.O, les Marais de Brouage et Seudre, peut-être même un parc national - et j’en passe - le rôle du C.R.C sera de plus en plus important pour la défense des intérêts de la profession.
D’ores et déjà, le C.R.C. va devenir un Centre de Formalité des Entreprises, signifiant ainsi que le recensement des exploitations sera de notre responsabilité.
Mais en dépit de tous ces problèmes qui perdurent, 2011 va devoir forcer l’allure. Des commissions ont été mises en place, des présidents, des vice-présidents ont été nommés, il faut dès aujourd’hui les faire travailler et agir et réactualiser les comités de banc.
2011 sera l’année des 3 R. Réduction budgétaire, Rigueur, Relance
C’est un défi incontournable qu’il nous faudra assumer. A nous de faire avec et de nous adapter
Réduction budgétaire d’abord : entendu partout dans les collectivités et chez nous : moins de tonnage signifie moins de cotisations et donc moins de capacité financière.
Rigueur ensuite: moins d’argent, moins de disponibilité. Toute dépense doit être justement évaluée pour qu’1€ dépensé soit 1€ utile
Relance enfin qui dépend en partie de notre responsabilité. A nous de mieux communiquer pour mieux vendre, de provoquer la demande sur nos produits à valeur ajoutée. Mais aussi de récupérer les huîtres sur les parcs abandonnés et sur les gisements.
En période de crise, on achète de l’or et des diamants (c’est bien connu). Alors les huîtres, label ou pas, on les vendra, grâce à notre obstination, à notre persévérance et à notre capacité d’adaptation.
L’essentiel est de reprendre confiance en nous d’abord, et en nos produits ensuite.
Tout problème contient en lui-même les graines de sa propre solution. Nous sommes à l’aube d’un changement de société ; nos modes de production, de consommation, de comportement évoluent rapidement : sachons nous adapter à ce monde en mouvement, nous en avons la capacité.
Nous avons toujours notre place sur le territoire et dans la société. Plus que jamais, nous devons nous accrocher.
Voilà Mesdames, Messieurs, comment je voulais commencer cette réunion. Je vous remercie.
Le Président
G. VIAUD
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